Flabelline mauve : reconnaître ce nudibranche
La flabelline mauve attire l’œil sur les tombants méditerranéens par ses teintes rose violacé et ses bouquets de cérates. Ce petit nudibranche, souvent cité sous le nom Flabellina affinis dans les guides, dépasse rarement 4 cm. Une approche lente permet de l’observer sans soulever le sédiment.
Elle vit surtout là où poussent les hydraires, de petites colonies fixées sur la roche, les algues ou les structures immergées. Cherchez-la entre quelques mètres et plusieurs dizaines de mètres de profondeur, selon les sites, la saison et l’état du peuplement. Sa présence dépend davantage de sa nourriture que de la profondeur affichée sur l’ordinateur.
Les critères pour identifier la flabelline mauve
La silhouette de la flabelline mauve est fine et allongée. Son corps tire vers le mauve ou le rose, avec une zone blanchâtre souvent visible sur le dos. Les nombreux cérates, ces appendices placés en bouquets sur les flancs, donnent à l’animal son aspect plumeux.
Regardez aussi les deux rhinophores à l’avant de la tête. Ils sont longs, annelés et généralement roses à violacés. Les cérates montrent souvent une base orangée à rougeâtre, prolongée par des pointes claires ou violettes : ce détail reste variable selon l’individu et la lumière.
- Taille : le plus souvent 2 à 4 cm.
- Couleur : rose, mauve à violet, avec des nuances orange sur les cérates.
- Forme : corps mince, rhinophores annelés, cérates longs et groupés.
- Support : hydraires dressés, surtout du genre Eudendrium.
Où observer cette flabelline en Méditerranée ?
La flabelline fréquente les côtes méditerranéennes françaises, notamment les zones rocheuses abritées du ressac. Elle apparaît sur une paroi, sous un surplomb ou sur un bloc colonisé, parfois à quelques mètres de la mise à l’eau. Une bonne visibilité aide, mais une lampe révèle mieux les couleurs réelles qu’un éclairage ambiant bleuté.
Les hydraires constituent le meilleur indice de recherche. Examinez-les à faible vitesse, sans les toucher : la flabelline peut se confondre avec les polypes quand le courant la fait bouger. Sur un même bouquet, plusieurs individus de tailles différentes peuvent partager l’espace.

Son rôle dans la faune benthique
Ce nudibranche se nourrit d’hydraires. Les cellules urticantes de ses proies ne sont pas toutes détruites durant la digestion : certaines sont stockées dans l’extrémité de ses cérates et participent à sa défense. Ce mécanisme explique l’intérêt d’observer l’animal sur son support, sans tenter de le déplacer pour une photo.
La flabelline mauve fait partie de la faune benthique qui traduit la richesse d’une paroi. Hydraires, bryozoaires, éponges et petits mollusques forment un réseau vivant sensible à la qualité du site, à la température et aux saisons. Sa discrète présence donne souvent envie de ralentir et d’explorer les détails plutôt que de parcourir la palanquée à toute vitesse.
Éviter les confusions avec d’autres nudibranches
Plusieurs espèces méditerranéennes portent des cérates colorés. La flabelline blanche présente une coloration bien plus pâle, tandis que d’autres flabellines peuvent afficher des bleus ou des violets plus marqués. Une photo rapprochée des rhinophores, des cérates et du support permet une identification plus fiable après la plongée.
La couleur seule ne suffit pas : elle varie avec l’âge, l’alimentation, la profondeur et la balance des blancs de l’appareil photo. Notez le site, la profondeur, le type de fond et la colonie sur laquelle l’animal se trouvait. Ces observations valent souvent plus qu’une image prise trop loin ou surexposée.
Sécurité et respect du milieu : stabilisez-vous avant d’approcher, gardez les mains loin du substrat et ne soufflez pas sur l’animal. En courant, renoncez à la macrophotographie si votre flottabilité ne reste pas maîtrisée. L’encadrement du club prime toujours sur l’observation.
Photographier une flabelline mauve sans la déranger
Approchez face au courant, en conservant une distance qui évite le contact des palmes avec le fond. Une mise au point sur les rhinophores donne un portrait lisible ; un cadrage plus large montre la relation entre le nudibranche et son hydraire. Réduisez la puissance des flashes pour préserver les tons mauves et les détails clairs des cérates.
Une plongée calme, avec un niveau requis adapté aux conditions du site, reste le meilleur équipement pour cette rencontre : bonne flottabilité, lestage juste et contrôle de la respiration. La flabelline mauve ne fuit pas vite. Elle mérite donc du temps, une observation posée et un passage sans trace sur la biodiversité méditerranéenne.
Flabelline mauve : les repères à retenir
Retenez sa petite taille, ses rhinophores annelés et ses bouquets de cérates roses à orangés. Recherchez-la sur les hydraires des fonds rocheux, en progressant lentement et en gardant une excellente maîtrise de la flottabilité. Cette attention aux espèces minuscules transforme souvent une immersion ordinaire en exploration riche.
