Pourquoi la pieuvre possède-t-elle trois cœurs et neuf cerveaux ?
La formule « pieuvre trois cœurs neuf cerveaux » est globalement juste, à condition de la préciser. Le poulpe commun (Octopus vulgaris), présent en Méditerranée, possède trois cœurs et un système nerveux très distribué. Ses huit bras traitent une part des informations sans attendre chaque ordre du cerveau central.
Cette anatomie répond à une vie de chasseur benthique : explorer une faille, manipuler une proie, changer de texture ou de couleur, puis se glisser dans un abri. Sous l’eau, l’observation d’une pieuvre révèle surtout un animal discret, attentif au courant et à la visibilité de son refuge.
Trois cœurs pour faire circuler le sang
La pieuvre a bien trois cœurs. Deux cœurs branchiaux envoient le sang vers les branchies, où il capte l’oxygène dissous. Le troisième, le cœur systémique, propulse ensuite ce sang oxygéné vers les organes et les muscles.
Son sang contient de l’hémocyanine, une protéine riche en cuivre, plutôt que l’hémoglobine riche en fer des vertébrés. Elle donne au sang une teinte bleutée et transporte efficacement l’oxygène dans l’eau froide et pauvre en oxygène. Cette circulation soutient un métabolisme exigeant, utile lors d’une fuite brève ou d’une chasse.
Lorsqu’elle se déplace par propulsion, en expulsant de l’eau par son siphon, le cœur systémique réduit fortement son activité. Cette contrainte explique en partie pourquoi le poulpe commun rampe volontiers sur le fond grâce à ses bras. La nage à réaction sert surtout aux départs rapides face à un danger.
La pieuvre a-t-elle vraiment neuf cerveaux ?
L’expression « pieuvre 9 cerveaux » simplifie son organisation nerveuse. Elle possède un cerveau central, situé entre ses yeux, et huit grands centres nerveux associés aux bras. Ces centres ne sont pas des cerveaux indépendants comparables au nôtre : ils forment un réseau relié au cerveau central.
Chaque bras porte une quantité considérable de neurones et peut gérer localement des gestes complexes. Les ventouses détectent à la fois le contact et des signaux chimiques : un bras reconnaît donc la texture et le goût d’une surface en l’explorant. Le cerveau central fixe l’objectif général, tandis que les bras ajustent leurs mouvements au relief.
Cette répartition accélère l’action dans un milieu où chaque anfractuosité compte. Pour ouvrir une coquille, retourner une pierre ou saisir un crabe, la pieuvre n’a pas besoin de calculer consciemment la position de chaque ventouse. Elle coordonne ses bras avec une grande souplesse.

Une intelligence adaptée au fond marin
Les pieuvres apprennent, mémorisent et résolvent certains problèmes, mais leur intelligence ne se résume pas à un quotient intellectuel. Les tests varient selon les espèces et les conditions d’observation. Chez elles, l’intelligence sert à trouver une proie, éviter un prédateur, choisir un abri et adapter le camouflage.
La peau joue aussi un rôle décisif. Des chromatophores modifient rapidement les motifs et les couleurs, tandis que d’autres structures changent l’aspect de la peau. Une pieuvre immobile peut alors se confondre avec une roche, une algue ou un fond de sable, même à faible profondeur.
Repère en plongée : une pieuvre qui blanchit, change brutalement de couleur, accélère sa respiration ou quitte son abri subit souvent une pression. Gardez vos distances, évitez de bloquer sa sortie et ne manipulez jamais ses bras ou ses ventouses.
Observer le poulpe commun en Méditerranée
Le poulpe commun fréquente les zones rocheuses, les herbiers, les épaves et les fonds mixtes, souvent dans des trous qu’il aménage avec des coquilles ou des cailloux. Il est surtout actif au crépuscule et la nuit, même si une rencontre diurne reste possible. La saison, la température, la profondeur et le dérangement modifient ses habitudes.
- Approchez lentement, en restant stable afin de ne pas soulever le sédiment.
- Inspectez les failles à distance : des coquilles accumulées peuvent signaler un abri occupé.
- Éclairez brièvement, sans coller la lampe à l’animal ni insister s’il se cache.
- Gardez une flottabilité maîtrisée pour protéger la faune benthique et les herbiers.
Une photo réussie dépend souvent de la patience : attendez que l’animal reprenne son comportement naturel plutôt que de chercher à le faire sortir. Le respect de son espace préserve la biodiversité méditerranéenne et offre une observation plus riche.
Pieuvre trois cœurs neuf cerveaux : ce qu’il faut retenir
La pieuvre possède trois cœurs : deux pour les branchies et un pour le reste du corps. Elle a un cerveau central et huit centres nerveux majeurs dans ses bras, d’où l’image des neuf cerveaux. Cette organisation lui donne une précision remarquable pour explorer, chasser et disparaître dans le décor.
Face à un poulpe commun, le meilleur réflexe reste simple : observer sans toucher, conserver une issue libre et limiter son temps d’exposition. Sa discrétion fait partie de son mode de survie ; la respecter fait partie de la sécurité et de l’éthique du plongeur.
