Plongée avec Olivier

L’épave de Pythéas, près de Port Vendres, accessible du bord.

Le Limier, navire à vapeur
semblable au Pythéas.

L’épave

Le Pythéas se trouve juste à droite, à la sortie du port de Port Vendres. GPS   42°31’335 N    03°07’295 E
Navire à vapeur à trois mâts équipé d’un moteur de 70 CV et de voiles, et d’une longueur de 50 mètres n’a pas trouvé l’entrée du port en 1897 et s’est échoué par 14m de fond.
Profondeur maximum: 16m
Profondeur minimum: 2m

Pour s’y rendre, c’est très facile : rentrez sur son GPS “la route de la jetée“, allez jusqu’au bout de la route, de nombreuses places sont disponibles pour se garer (souvent prises l’été). Continuez à pied, dépassez de 35 mètres la barrière des pompiers. Sur la droite un chemin bétonné vous amène jusqu’à la mise à l’eau.
Si vous êtes déjà équipé, la profondeur est suffisante pour faire un saut droit. Mais avant de vous immerger, levez la tête. Un morceau de la falaise est marqué par une zone plus blanchâtre. C’est votre point de référence si vous ne trouvez pas l’épave. Elle se trouve juste en face à 14m de profondeur.

Dès votre immersion, une grosse canalisation est présente, suivez-la jusqu’à environ 6m de profondeur, continuez dans le même axe pour arriver à un fond de 12-13 m. Puis prenez la direction SUD-EST en restant à cette profondeur, vous allez assurément tomber sur la poupe de l’épave (environ 150m de nage ou 15min).

A voir absolument sur l’épave

La plongée se déroule, entre 3 et 15 m, sur 4 zones à voir absolument: la chaudière, la poupe, les membrures et les ancres dans la falaise.
En général, la première chose que l’on aperçoit est la poupe de l’épave couchée sur bâbord (gauche).

Juste derrière sur une dizaine de mètres la chaudière, élément circulaire de 3m de diamètre par 3m de hauteur. Petite anecdote, la base de cette pièce est peu encroûtée voire pas du tout, peut être à cause de l’alliage, si vous savez merci de commenter. A l’inverse, le haut est en partie couvert de gorgones blanches, si vous faites calmement le tour vous verrez à coup sûr des nudibranches (chromodoris, flabelline, hervia…).

Du coté du large, un orifice permet de jeter un coup d’œil à l’intérieur de cette chaudière et d’y apercevoir, si vous avez de la chance, un ou plusieurs congres abrités.
Pour la suite, revenez sur la poupe pour remonter les membrures de l’épave, je vous l’accorde il faut être assez imaginatif pour les déceler. Cette épave peu profonde est donc très mal conservée.

En remontant vers la côte dans 4 ou 5 mètres d’eau, dans l’axe du l’épave, cherchez une arche. Dès que vous la trouvez, passez dessous, vous vous retrouverez alors dans un petite anse au calme (2-3m d’eau). Regardez au sol, les deux ancres et les chaines incrustées dans la roche sont encore présentes .

Pour finir la plongée, ressortez par l’arche, puis longez la côte (main gauche) sur une profondeur de 10m. Si vous souhaitez longer de plus près la côte et moins profond, vous pouvez, mais attention aux détours. Vous allez souvent vous faire piéger dans une anse (cul de sac) et vous devrez faire demi-tour.

Un peu d’histoire

Construit en 1856 à Londres, le Pythéas, navigue d’abord pour la Société Phocéenne de Navigation Altaras, Caune & Cie, pour laquelle il effectue des liaisons entre Marseille et l’Algérie. En 1894 , il passe entre les mains de la petite compagnie marseillaise Louis Castaldi & Fils, et fait la liaison Marseille, Port-La-Nouvelle, Port Vendres.

Seule image authentique du Pythéas que j’ai réussi à trouver, extraite du livre Les Épaves De La Côte Vermeille, Histoire Et Exploration


Le 19 octobre 1897, avec une cargaison de 170 tonnes de marchandises en provenance de Marseille, le Pythéas se dirige vers Port Vendres dans un épais brouillard. Le capitaine du navire, monsieur Roca un enfant du pays, est inquiet. Il est 11h et les membres d’équipage ne voient pas le phare.
Le vapeur ralentit, mais alors que la sonde est encore de 9 brasses (soit 16m), un sinistre craquement retentit.

Le port n’est pas loin, les sifflets du navire attirent les deux pilotes du port, qui alertent aussitôt les secours. Vers 8h30, l’arrière du Pythéas s’incline et tout le bateau s’affaisse. Seul l’avant sort de l’eau, comme pour escalader la falaise.

La plus grande partie de la cargaison sera récupérée par trois scaphandriers de Marseille avant qu’une forte tramontane n’achève de couler le navire.

Pour les plus passionnés et férus d’informations
je vous conseille deux ouvrages:
Fortunes de mer et épaves dans le Parc naturel marin du golfe du Lion
Le Roussillon Sous Marin